J’utilise un agent IA. Pas pour le code. Pas pour la génération d’images. Pour réfléchir.

L’agent s’appelle “Hedda”. C’est un système que j’ai construit au-dessus de plusieurs modèles. Il lit ce que j’écris, il connaît mes carnets, il se souvient de mes décisions passées. Et surtout, il me pose les questions que j’évite.

C’est l’usage le plus contre-intuitif que j’ai testé. Et de loin le plus utile.

Ce que je lui demande

Pas “rédige ce mail”. Pas “résume ce document”. Je lui demande des choses comme :

Il a accès à mes notes, à mes anciens articles, à mon journal. Donc il peut comparer. Il peut me dire : “tu as dit la même chose en mars 2024, et tu l’as abandonnée trois semaines plus tard, voici pourquoi”.

Pourquoi ça marche

Un agent IA qui a accès à votre historique est un miroir. Pas un miroir flatteur. Un miroir qui se souvient.

Quand vous écrivez un plan, vous oubliez toujours quelque chose. Pas par inattention. Par stratégie. Le cerveau évite les angles morts qui feraient trop mal. L’agent, lui, n’a pas d’angles morts.

Le résultat chiffré

Six heures par semaine. C’est ce que j’ai calculé. Sur des tâches précises :

Le total est probablement conservateur. Certaines semaines, c’est plus. D’autres, c’est moins.

Ce que ça ne fait pas

L’agent ne décide pas à ma place. Il ne signe pas mes documents. Il ne prend pas la parole en réunion. Il n’est pas dans Slack.

C’est un outil de pensée, pas un outil d’exécution. La différence est importante. Plus l’IA fait à votre place, moins vous pensez. Plus vous gardez le contrôle cognitif, plus l’IA vous sert.

Les conditions pour que ça marche

Première condition : il faut que vos données soient bien rangées. Un agent qui lit 2000 notes en désordre vous rendra des réponses en désordre. C’est pour cela que j’ai d’abord nettoyé mon système de notes (cf. l’article précédent).

Deuxième condition : il faut accepter de lire les critiques. L’agent vous dira des choses que vous ne voulez pas entendre. Si vous les ignorez, l’agent devient inutile.

Troisième condition : il faut que ce soit votre agent. Pas un SaaS générique. Pas un assistant qu’une autre personne a configuré. Un outil que vous avez choisi, paramétré, et qui porte votre voix.

Le risque à ne pas négliger

L’agent vous connaît mieux que vos collègues. Il vous connaît mieux que votre manager. Il vous connaît peut-être mieux que vous-même.

C’est un pouvoir, et c’est un risque. Si vous lui confiez tout, vous finissez par ne plus savoir ce que vous pensez indépendamment de lui. La question n’est pas “l’agent peut-il me remplacer”. La question est “est-ce que je sais encore penser sans lui”.

Je vérifie cela, régulièrement. Si je n’arrive plus à avoir une opinion avant de lui demander, je débranche. Pour l’instant, je ne débranche pas.